GuyBoulet.net
21-08-2008
Le elearning n'est pas mort Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Dans un billet du 10 novembre sur le blogue de Speechi , on annonce la mort du elearning. Comment ne pas réagir à une telle déclaration.

Non, le elearning n'est pas mort, il est bel et bien vivant. Même qu'il s'intègre à merveille dans la méthode mise au point par Aristote il y a plus de 2000 ans et si bien décrite dans le billet en question:

  - des cours didactiques délivrés de façon "descendante": présentation en rapid e-learning, vidéos en ligne à la YouTube, ...

  - des moments collaboratifs : groupes de discussion, wikis, réseaux sociaux,...

  - des ressources documentaires : ebooks, blogues, articles publiés en ligne, sites web...

Et ces technologies peuvent même se mêler aux outils plus "traditionnels" telles les formations en face-à-face, les bibliothèques, etc. C'est la formation Hybride.

Le problème c'est que certains "experts" nous ont fait croire que le elearning était un modèle en soit alors qu'il ne s'agit que d'outils issus de l'évolution des technologies éducatives. Ainsi, même dans le modèle d'enseignement nomade proposé par Speechi on retrouve la possibilité d'intégrer des outils du elearning.

Étrangement, l'auteur décrit le web 2.0 un concept marketing fumeux de plus (ce avec quoi je suis d'accord) mais il nous propose l'éducation nomade qui, à mon avis pourrait aussi être considéré comme un concept fumeux. 

Non, le elearning n'est pas mort. C'est plutôt la conception du elearning comme une méthode d'enseignement en soit qui est morte. Les outils du elearning demeurent et le concept d'enseignement nomade en est la preuve.

 
L'importance de la conversation dans l'apprentissage Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Dans l'entreprise du savoir, la formation devient libre-service. Les employés sont d'avantage impliqués dans leur formation en prenant peu à peu le contrôle sur ce qu'ils apprennent. Dans un contexte de formation juste assez, juste à temps, qui de mieux que l'apprenant pour déterminer ses besoins de formation.

Comme plus de 70% de ce qui est appris l'est de façon informelle, les conversations entre les employés jouent donc un rôle important dans le processus d'apprentissage informel. En fait, la conversation est sans doute l'outil le plus puissant dans tout ce processus d'apprentissage. Ce mode de communication permet aux employés d'échanger des idées, de l'information, des trucs, etc. Et c'est un outil de choix pour la formation libre-service: ça ne coute rien et tout le monde en est équipé.

Plusieurs entreprises de la nouvelle génération ont d'ailleurs compris cela et mettent en place des dispositifs pour favoriser les échanges: petits salons équipés de sofas, séances d'échanges sur des sujets donnés, et autres. D'ailleurs, plusieurs outils permettent même de porter ces conversations en ligne, ce qui peut être avantageux pour les entreprises géographiquement dispersées. Le clavardage, les groupes de discussion, les blogues, les vidéoconférences, et plusieurs autres outils interactifs sont des extentions de la conversation face-à-face.

Voilà donc une application possible des outils du web 2.0 pour supporter l'apprentissage par la conversation entre les travailleurs. Si deux têtes valent mieux qu'une, imaginez des dizaine ou des centaines de têtes ensemble...
 
Délocaliser la production de contenu: à vos risques. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Je lisais ce matin un article sur la délocalisation des emplois dans l'industrie du elearning. Il semble que de plus en plus d'entreprises soient tentées d'aller vers des marchés émergents comme l'Inde pour faire déveopper leurs contenus de formation, attirés par les faibles coûts de maind'oeuvre offerts par les industries de ces pays.

Bien que les économies puissent être substantielles, le rapport qualité-prix doit aussi être pris en compte. Une économie à l'achat, ne signifie pas une économie à long terme, en particulier si on tient compte de la qualité du produit obtenu. En effet, un produit produit à l'étranger risque fort  d'être mésadapté au contexte culturel pour lequel il est destiné.

Par exemple, les expression utilisées dans un pays peuvent différées de celles utilisées dans un autre. Prenons l'exemple du cinéma où les films produits en français au Québec soivent souvent être doublés ou sou-titrés pour être présentés en France. En plus, un film sur le hockey sera probablement un succès au Québec mais pas nécessairement en France.

Imaginez maintenant un contenu de formation développé en français par un Indien pour qui, au mieux, le français est une langue seconde, dont la culture est très différente de la culture occidentale, et qui n'est probablement pas un expert dans le domaine pour laquelle la formation est développée. La marge est assez grande et le message risque de ne pas bien passer. En plus, le contact entre les développeurs et le client sont souvent compliqués par la distance et le décallage horaire et, ici encore, la langue et la culture peuvent poser problème.

L'effet risque d'être une inefficacité partielle ou totale de la formation résultant en une perte de productivité, des erreurs et peut-être même des accidents. Les coûts sont difficiles à mesurer avant coup, mais il y a un risque ppotentiel dont il faut tenir compte. Peut-être que dans certains cas l'économie peut justifier le risque, mais il faut que les entrprises soient conscientes qu'il existe des risques.

 
Pourquoi je considère le elearning 2.0 comme un outil de plus. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Hier, Adrien Ferro, auteur du blog Novantura, commentait mon article du 12 novembre: Encore le elearning 2.0. Bien qu'il soit d'accord avec moi pour dire qu'il y a surenchère dans ce que certains appellent la "Révolution du web social", il ne partage pas mon avis à l'effet que le web 2.0 n'est en fait qu'un outil de plus pour les concepteurs de formation et les apprenants.

La raison pour laquelle je considère le web 2.0 comme un outil est que les réseaux sociaux n'ont rien de nouveau. Depuis qu'il a décidé de vivre en société, il y a des millions d'années, l'humain collabore et échange son expertise. En fait, les tribus préhistoriques ont été les premiers réseaux sociaux au sein desquels chacun mettait son expertise au profit du groupe et partageait son expérience et ses connaissances avec les autres.

Le web 2.0 n'a pas inventé la collaboration, les experts ont partagé leur expertise bien avant l'arrivée de la technologie dans les millieux de travail. Malgré les lignes hiérarchiques officielles, il y a toujours eu des réseaux informels: dans chaque entreprise il y a une personne qui aime partager ses trouvailles et son expertise, le blog offre à cette personne un moyen de partager avec plus de gens.

Les organisations tiennent depuis longtemps des rencontres face-à-face pour élaborer des documents, les individus échangent des documents pour se faire relire et valider et recueillir les commentaires de leurs confrères. Les wiki ne sont qu'une extension de ces processus. Chacun a son petit carnet noir avec les coordonnées des personnes qui forment son réseau social, donc facebook n'a rien inventé non plus. Le web 2.0, et par conséquent le elearning 2.0, ne sont donc que l'informatisation de processus existant. Ils ne créent rien, tout au plus il rendent les processus plus efficaces et élargissent le réseau. Un peu comme une cloueuse pneumatique accomplit le même travail qu'un marteau mais beaucoup plus efficacement.

Donc, si le web 2.0 ne crée rien mais facilite et améliore les processus existants, on doit donc le considérer comme un outil, pas comme un processus. Ces outils modifient bien sûr les processus, mais à la base ils nous permettent de mieux faire ce que nous faisons depuis des millénaires: vivre en société.
 
Web 2.0 et sécurité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
J'en ai déjà parlé, le web 2.0 dans les entreprises soulève bien des inquiétudes, non pas sur son utilité mais plutôt au niveau de la sécurité. Dave Pelland a publié un excellent texte à ce sujet sur le site KPMG Digital Insider .

Selon une étude effectuée par KPMG auprès de gestionnaires, plus de 86% s'entendent pour dire que les outils du web 2.0 peuvent être bénéfiques pour partager les connaissances au sein de leur entreprise. Par contre, 51% croient que la sécurité est le principal obstacle à l'adoption du web 2.0 dans leur organisation.

L'interactivité qui rend les outils du web 2.0 si pratiques ouvre également la porte aux criminels puisqu'en permettant aux usagers de contribuer au contenu on s'expose à ce que du contenu malveillant soit introduit sur des sites légitimes, allant même jusqu'à des codes exécutables par les logiciels de navigation.

Un autre risque potentiel serait lié au fait que dans bien des organisations on s'attend à ce que les employés n'utilisent que des applications approuvées par l'employeur. On minimise également le danger que peuvent représenter certains sites internet à l'apparence innofensifs.

Selon l'article, bannir l'accès à ces sites peut ne pas s'avérer pratique parce que plusieurs employés n'attendent pas la permission du département des TI pour utiliser les outils du web 2.0. La solution résiderait donc dans des méthodes pour mieux protégerles données de l'organisation.

Voila qui résume en partie ma position sur le web 2.0 comme outil d'apprentissage en entreprise. Non pas qu'on ne puisse pas apprendre en collaborant sur le web, mais plutôt qu'on ne contrôle pas vraiment ce qui est appris et ses conséquences sur l'entreprise.
 
Texte écrit ou narration? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Ce matin Cathy Moore affirme, sur le blog Making change , que nous ne devrions utiliser la narration que dans certains cas spécifiques pour soutenir une présentation. Entre autres, elle fait les constatations suivantes:

  • Visuel + audio = persuasion
  • Text + silence = contrôle de l'apprenant


Si on veut parler de contrôle de l'apprenant, je suis d'avis qu'on doit laisser l'apprenant choisir s'il veut écouter ou lire la présentation. Pour un apprenant auditif, la narration sera beaucoup plus efficace que de lire du texte à l'écran. D'un autre côté, les apprenants visuels eux préfèreront probablement lire les explications que les entendres. On devrait aussi fournir des interaction pour les apprenants kinesthésiques.    

Des outils comme Articulate Presenter et autres permettent d'offir le choix aux apprenants. L'audio peut être éteint et les notes du narrateur peuvent être affichées. Vous pouvez même joindre une version PDF pour ceux qui n'aiment pas lire à l'écran ou veulent lire le contenu dans l'autobus. Bien sûr plus il y a d'options plus les coûts sont élevés, mais avec la plupart des outils de rapid elearning il est possible de produire ces différents types de présentation rapidement et à peu de frais.

En bout de ligne, le concepteur doit décider ce que doit apprendre l'apprenant et laisser l'apprenant décider comment il ou elle va l'apprendre.

 

 
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