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Apprentissage 2.0: Retour à la raison? |
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Il semble que de plus en plus d'observateurs se rendent compte qu'il n'y a pas de révolution du 2.0. Après l'hystérie collective créée par l'avènement du web collaboratif, on semble faire place à la raison et reconnaître que, malgré leurs vertues, les technologies du web 2.0 ne sont qu'une étape de plus dans le développement des technologies de l'information et des communications. Aujourd'hui c'est au tour d'Olivier Le Deuff de faire savoir, sur le site apprendre 2.0 , qu'il ne croit pas au concept d'éducation 2.0. Il ne nie pas l'existences des technologies 2.0, mais ne semble pas y voir une révolution du monde de l'enseignement. Tel que je le répète, le web 2.0, ainsi que ses dérivés (éducation 2.0, apprentissage 2.0, entreprise 2.0, etc.), font référence à la notion de "socialisation" des outils de communication. Ainsi, on peut maintenant développer des contenus de façon collaborative avec des wiki, publier ses textes sur un blog ou rester en contact avec les applications de réseau sociaux.
Mais où est la nouveauté quand on sait que dans le domaine de l'enseignement les travaux d'équipe existent depuis belle lurette, que plusieurs méthodes permettent aux étudiants d'échanger leur point de vue, que la salle de classe et, dans un sens plus large, l'école sont des réseaux sociaux?
Mis à part la technologie utilisée et le fait qu'elle élargisse le bassin de personnes pouvant être reliées, les technologie du web 2.0 ne créent rien de nouveau. Tout au plus, elles modernisent des concepts qui existent depuis longtemps.
Pour moi, le web 2.O n'est qu'un outil de plus, un peu comme l'a été l'avénement de l'audio-visuel dans la salle de classe. Il n'a pas remplacé l'enseignement magistral, il l'a simplement transformé. De la même façon, les outils 2.0 ne font qu'ajouter des outils pour soutenir les pratiques existantes tout en favorisant l'apprentissage informel de type "pull" plutôt que la formation traditionnelle de type "push".
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Minimum d'encadrement : oui mais... |
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Sur son blog , Stephen Downes revient sur l'efficacité de l'apprentissage avec minimum d'encadrement (minimal guidance learning). J'avais d'ailleurs commenté un de ses billets sur le sujet le mois dernier où il réfute les arguments de Kirschner, Sweller et Clark à l'effet que ce type d'apprentissage serait inefficace.
La question selon moi n'est pas de savoir s'il est efficace, mais s'il est rentable. Bien sûr, dans un contexte éducationel ou encore pour la pure connaissance personnelle, l'apprentissage par découverte, le constructivisme et l'approche par problème peuvent s'avérer rentables puisqu'ils permettent à l'apprenant d'appliquer différentes solutions à un problème pour déterminer la meilleure. Mais dans un contexte d'entreprise, où le temps c'est de l'argent, laisser l'apprenant découvrir par lui-même n'est simplement pas rentable.
Par exemple, il a fallu du temps à Pythagore pour déterminer la relation entre les angles d'un triange droit. Maintenant que cette commaissance existe, allons-nous laisser les travailleurs de la construction la découvrir par eux-mêmes ou ne devrions nous pas leur enseigner cette théorie pour qu'ils puissent l'appliquer immédiatement?
Bien sûr, comme l'affirme Downes, personne n'est allé à l'école pour apprendre comment construire Internet, simplement parce qu'on ne pouvait pas leur enseigner quelquechose qui n'existait pas. Mais maintenant qu'Internet existe, on peut trouver une foule de cours sur comment configurer un serveur web, sur la création de pages web, et ainsi de suite. Les individus peuvent toujours le découvrir par eux même, je l'ai fait moi même, mais en tant que gestionnaire j'aime mieux payer à mon employé un cours de HTML plutôt que d'attendre qu'il l'apprenne par lui même à tâton. Comme gestionnaire je veux qu'il soit productif le plus rapidement possible. Cela ne veut pas dire qu'il n'aurait pu l'apprendre par lui même, mais simplement que ce ne serait pas rentable dans ce contexte.
L'apprentissage avec un minimum d'encadrement peut être efficace dans les écoles de médecine par exemple puisque la pratique de la médecine est principalement basée sur la résolution de problèmes: le patient a un problème, le médecin cherche une solution. Mais quand on opère de la machinerie ou que l'on travaille sur une chaîne d'assemblage, on doit savoir quoi faire, comment le faire et quand le faire. Il n'y a pas de place pour l'improvisation et l'apprentissage doit être encadré pour en maximiser la rentabilité.
L'apprentissage avec un minimum d'encadrement est il efficace? Je crois que oui, j'ai moi même beaucoup apris de cette façon. Est-il rentable? Pas dans tous les contextes.
L'apprentissage avec un maximum d'encadrement est il efficace? je le crois aussi: je ne volerais pas avec un apprenti pilote à son premier vol s'il n'est pas étroitement surveillé par un instructeur de vol. Est-il rentable? Oui, dans certains contextes.
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Conception pour l'apprenant, par le concepteur |
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Aujourd'hui sur le blog eleanspace , George Siemens parle de la nécessité de mettre les préférences des apprenants à l'avant-plan de la conception pédagogique. J'ai quelques réserves avec une approche où l'on donnerait aux apprenants ce qu'ils veulent avoir, simplement parce bien qu'iles sient des préférences, il ne savent pas nécessairement ce dont ils ont besoin ni ce qui est disponible.
Sur un projet en cours, l'analyse du public-cible a démontré que seulement 55% des apprenants préfèreraient de la formation en ligne autodirigée alors que 75% préfèreraient de la formation plus traditionnelle en classe. Mais après leur avoir montré le prototype d'une leçon, le taux de satisfaction était de près de 85%.
Une des raisons de cela est que 55% du public-cible n'avait jamais fait de cours en ligne et donc ne savaient pas de quoi il s'agissait d'où leurs réticences. D'autres avaient peut-être eu de mauvaises expérience en ligne. Mais une fois qu'on leur a montré de quoi il s'agissait, la plupart ont vu que c'était quelque chose qui pouvait répondre à leurs besoins.
Je parle souvent à des personnes qui ne croient pas en l'apprentissage à distance. Lorsque je leur demande s'ils ont déjà suivi une formation à distance, plus de 80% me disent que non. Comment peuvent-il ne pas croire en quelquechose qu'ils n'ont jamais essayé?
Par conséquent, je crois que l'on doit tenir compte des préférences des apprenants, mais doit-on tout concevoir autour de ces préférences sans les questionner? Mon approche consiste d'avantage à leur proposer des solutions et évaluer leur acceptation de ces solutions.
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Technologie vs innovation |
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Un billet intéressant sur le blog Apprendre 2.0 soulève l'intérêt (ou le non intérêt) du tableau blanc électronique comme outil de support à l'apprentissage. L'auteure, Missmath soulève des doutes quant à l'utilité d'une telle technologie dans la salle de classe. En fait, un des problèmes avec l'introduction des TIC pour supporter l'apprentissage, c'est qu'on les utilise pour répliquer les outils traditionnels. Utiliser un tableau blanc électronique pour répliquer ce qu'on fait depuis des lunes sur un tableau noir, ce n'est pas de l'inovation. Par contre utiliser le tableau blanc électronique pour permettre à un apprenant de manipuler des objets en 3D, chose qu'on ne peut pas faire sur un tableau noir ni dans un livre, c'est une utilisation innovante des TIC.
À titre d'exemple, un formateur qui doit enseigner comment remplacer le filtre à l'huile sur le moteur d'un navire. Il pourrait être encombrant d'avoir un moteur d'une telle dimension dans une salle de classe, mais il pourrait utiliser un modèle 3D pour enseigner la séquence et demander aux apprenants de répliquer la séquence sur le tableau blanc. Les Apprenant pouraient ensuite aller à bord d'un navire, voir le vrai moteur et effectuer l'opération sous supervision sans perdre de temps.
Le fait d'utiliser la technologie est-il de l'innovation ou l''inovation n'est -elle pas d'avantage liée au type d'utilisation que l'on fait de la technologie?
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Une image vaut mille mots. |
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Plusieurs concepteurs de formation virtuelle utilisent énormément de texte dans leurs contenus de formation. Pourtant, une bonne partie des adultes qui font appel au elearning le font pour sauver du temps et n'ont ni le temps ni la patience de lire des pages et des pages de texte à l'écran. Tant qu'à leur faire lire un écran, pourquoi ne pas leur offrir un manuel?
Tom Kuhlmann , sur le Rapid Eleatning Blog , propose une démo dans laquelle il démontre quatre façons différentes pour enseigner un même concept allant d'un texte long jusqu'à une démonstration visuelle sans aucun texte.
Cliquez l'image pour la démo.
L'utilisation d'une variété d'approches rend l'apprentissage plus intéressant et favorise la rétention. Personnellement, je tends à favoriser l'utilisation d'images et de narration puisque cette approche répond aux besoins des apprenants visuels et auditif.
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