GuyBoulet.net
21-08-2008
Encore le mlearning Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le mobile learning a la cote cette semaine. Comme si tous les blogueurs s'étaient donnés le mot.

Sur son blogue , Sylvain Bérubé propose comme utilisation du cellulaire à des fins pédagogiques: «Pourquoi ne permettrais-tu pas à tes élèves, dans un cours de musique, de télécharger des sonneries de cellulaires qui seraient des extraits d'oeuvres marquantes de l'Histoire de la musique ?» Ceci soulève chez moi plusieurs questions.

Mon questionnement porte sur la valeur pédagogique du geste. Qu'est-ce qu'un étudiant en musique, ou autre, peut bien apprendre à télécharger des sonneries, aussi historiques soient-elles, sur son cellulaire? Quelle est la valeur ajoutée à l'enseignement? Qu'apprendra-t-il qu'il n'aurait pu apprendre avec les outils actuels? Peut-être suis-je un inculte en histoire de la musique, mais à part apprendre à chercher et à télécharger des sonneries, je ne vois pas ce qui peut être appris.

Son exemple me semble une façon d'utiliser un outil juste parce qu'il est disponible. On pourrait tout aussi bien dire: «Tiens, j'ai un marteau je vais donc me trouver un clou à planter.» C'est là un des problèmes majeurs de l'utilisation des technologies pour l'apprentissage. Combien d'entreprises, et probablement d'établissements d'enseignement, décident de porter des formations en ligne juste parce qu'ils ont la technologie pour le faire sans se demander si c'est la meilleure approche tant au niveau pédagogique qu'au niveau économique.

Il faut utiliser l'outil qui répond au besoin, non pas trouver un besoin à l'outil.

 
Ma vision du mlearning (suite) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Tout un hasard, car au même moment où j'abordais le thème du mlearning sur ce blog  hier, Jean-Marc Manach avançait sur son blog la possibilité que les universités puissent forcer les étudiants à acquérir un portable qui offrirait un accès à des services de l'établissement.

Je me questionne cependant quant à l’obligation pour les étudiants d’acquérir un portable puisque, comme je le mentionnais hier, je ne suis pas convaincu que cet outil soit nécessairement le meilleur, plus particulièrement dans un contexte scolaire.

En fait, j’y vois plutôt un avantage mercantile pour l’établissement d’enseignement et pour le fournisseur de service qui ne font ni plus ni moins que de la vente forcée. Quelle est la valeur ajoutée pour l’étudiant dans ce cas ci? Mis à part les aspects de tracabilité et de prise de photos, tout le reste peut facilement être offert sur le Web et l’est probablement déjà. Il n’y a donc aucun réel avantage pédagogique, et le seul avantage pour l’étudiant (traçabilité) peut aussi être considéré comme un désavantage en raison de la perte d’intimité qui en résulte.

Je ne crois pas que ce soit le rôle de l’école de pousser l’achat d’une technologie, à moins que celle-ci ne soit expressément requise pour des motifs pédagogiques, c’est à dire qu’aucune autre méthode pédagogique ne permette d’atteindre les objectifs d’apprentissage. Je ne cois pas que l’école doive devenir le concessionnaire d’une entreprise quelle qu’elle soit.

Ceci dit, que les étudiants utilisent cette technologie sur une base volontaire je veux bien, mais qu’on les force à le faire me porte à me questionner sur les motifs réels d’une telle initiative.

 
Ma vision du mlearning Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
On entend de plus en plus parler de Mobile Learning ou mlearning, l'apprentissage supporté par les technologies mobiles telles les assistants personnels du type Palm ou Bluetooth ou encore les lecteurs médias tels les Ipod.

Ici encore, comme dans le cas du learning 2.0, on assiste à mon avis à une forme d'excitation exagérée laissant croire que le mlearning va éventuellement remplacer le elearning, voire même la formation traditionnelle. Je ne dis pas que le mobile n'a pas d'utilité pédagogique, mais de là à y voir la prochaine révolution du savoir il y a une très grande marge. Bien sûr, ces petits appareils peuvent être d'excellent outils pour l'apprentissage informel par l'utilisation du Podcast mais je ne crois pas qu'ils aient le potentiel de devenir des outils de formation dominants. Après tout, si vous avez le choix de suivre une formation sur un écran 19 pouces (48cm) ou un de 3 pouces (7,5cm), où irait votre préférence?  

Comme je m'intéresse plus particulièrement à la formation en entreprise, c'est sous cet angle que j'analyse les technologies du savoir et leur utilité. En ce qui concerne le mlearning, je le vois d'avantage comme un outil d'aide à la tâche qu'un outil d'apprentissage comme tel.

Des applications de modélisation comme NGrain permettent d'utiliser des modèles 3D manipulables sur des appareils portables de façon à pouvoir reproduire la séquence exacte d'une procédure. Par exemple, un mécanicien d'aéronef qui doit effectuer une procédure peu courante peut revoir la procédure sur un appareil de poche juste avant de procéder à l'opération. Il aura toutefois reçu la formation approprié au préalable et le mlearning viendra rafraichir ses connaissance plutôt que d'en développer de nouvelles. Le grand avantage c'est que la portabilité de cette technologie permet de l'utilser sur les lieux même où doit avoir lieu l'opération, permettant de mettre en relation le modèle 3D et l'objet réel.

Ainsi, je suis d'avis qu'il existe une place pour le mlearning, mais je ne crois pas que ce mode d'apprentissage prendra beaucoup de place, du moins pas en ce qui concerne l'apprentissage formel.
 
Formation vs apprentissage Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Dans son billet "Online Training vs eLearning" , Tony Karrer suggère que la formation en ligne (Online Training) et l'apprentissage en ligne (elearning) sont des synonymes illustrant un même concept.

Tel que je l'ai déjà mentionné sur ce blog, il y a une différence entre la formation et l'apprentissage.

La formation est un processus "push" où les personnes en formnation doivent atteindre des objectifs précis définis dans un plan de formation et généralement à travers un processus de formation spécifique. Par exemple, lorsqu'une personne doit être formée pour opérer une pièce d'équipement spécifique, il y a normalement des procédures établies pour le faire.

L'apprentissage, quant à lui, est un processus "pull" où c'est l'apprenant qui décide de ce qui sera appris. Bien que L'apprentissage survienne aussi dans le processus de formation, rien ne peut se produire si l'apprenant bloque le contenu.

On peut former les individus, mais on ne peut pas les forcer à apprendre. On peut dire "je veux apprendre ceci" mais pas "Je vais lui faire apprendre cela" on dira plutôt "Je vais lui enseigner cela" et si la personne est intéressée elle apprendra ce qui est enseigné.

L'apprentissage en ligne, ou elearning, n'est rien de plus que l'apprentissage à l'Laide des technologies. C'est donc, tout comme l'apprentissage, un processus "pull" alors que la formation en ligne n'est simplement que de la formation offerte en ligne.

Ainsi, dans mon esprit, ce sont deuc choses distinctes.
 
Sommes nous moins attentifs que nos ancètres? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Selon un billet publié par Killan Advertising et intitulé The Post-Literate Era: Planning Around Short Attention Spans, les américains ont une durée d'attention qui diminue d'année en année.

Pour appuyer cela, on nous propose un graphique de la durée d'attention allant d'un lecteur du 19e siècle qui pouvait se taper un livre sur plusieurs semaines, aux longues publicités des magazines de nos grand parents, aux pages web d'aujourd'hui qui n'ont que 4,5 secondes pour susciter l'attention.

Graphique


Une étude récente concluerait même que l'américain moyent passe deux heures par jour à regarder la télé contre 7 minutes à lire. Qui plus est, chez chez les plus de 13 ans, 2 personnes sur 3 ne lisent pas par plaisir. Pour les générations qui ont grandi avec la télé et l'ordinateur, l'imprimé semble un outil inefficace, voire même dépassé.

De nos jours, on peut facilement remplacer un texte par une image, on peut montrer une histoire plutôt que la raconter, on peut fournir un DVD plutôt qu'une brochure. Les images et l'audio remplacent graduellement l'écrit.

Ce à quoi Stephen Downes répond qu'il est tout à fait absurde de dire que les gens ont une durée d'attention plus courte aujourd'hui alors qu'ils peuvent rester assis pendant des heures à jouer à des jeux vidéos, à se taper des saisons complètes de leur feuilleton préféré sur DVD, où à prendre soin d'un personnage virtuel pendant des mois.

Selon Tom Kuhlmann, le problème résiderait davantage dans le volume d'information auquel sont exposés les individus. Ils apprennet à trier et à filtrer l'information et ne perdent pas de temps à moins d'y être intéressés.

J'apppuie personnellement cette dernière hypothèse voulant que les gens filtrent l'information pour ne se consacrer qu'à ce qui est important pour eux. Nous le faisons tous: nous lisons les gros titres et s'ils nous interpellent on lit l'article. Or regarde un spot de 30 secondes à la télé et si le produit semble intéressant, on prend plus d'information.

Qu'en penses-vous?

 
Mise à jour des connaissances: Juste assez Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Alors que j'étais dans la Marine, nous devions chaque année assister à des séances de formation sur des sujets comme l'éthique, l'environnement, la sécurité, les matières dangereuses, etc. Ces séances n'étaient pas vraiment de la formation puisque nous n'y apprenions rien de nouveau. Elles servaient plutôt à rafraichir nos connaissances afin de rencontrer les exigences de certaines lois ou réglements.

Plusieurs industries sont également confrontées à la même situation. Par exemple, au Canada, il est obligatoire pour les employeurs de s'assurer que les travailleurs possèdent les connaissanses requises pour manipuler des matières dangereuses. S'asseoir dans une classe pendant une ou deux heure pour se faire rappeler des choses que l'on fait tous les jours peut parfois être ennuyant et entraîne des pertes de temps inutiles, ce qui démotive les apprenants et rend la formation inefficace.

Pour une entreprise de 200 employés qui sont payés 20$ l'heure en moyenne, chaque heure de formation représente $4000, à cela s'ajoute la perte de profits liée à la non-production durant cette heure, l'embauche du formateur, etc.

Une alternative intéressante pourrait être d'évaluer les connaissances des travailleurs par un pré-test et de leur offrir uniquement la formation requise pour les parties du test auxquelles elles n'ont pu répondre correctement. Cette formation n'a pas à être formelle, elle peut être offerte sous forme de documentation à lire, de modules interactifs, de coaching, ou de toute autre façon. L'important c'est que l'employé acquière la conaissance

Cette solution peut ne pas s'appliquer dans tous les contextes, par exemple si la loi exige littéralement une formation, mais dans les cas où la loi exige de l'employeur qu'il s'assure que les employés ont les connaissances requises, cela peut être une très bonne occasion de'économiser temps et argent.
 

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